Projets-phares
Seinearche

Paris La Défense Seine Arche : mieux modéliser la congestion pour mieux gérer le territoire
 Artelia

© Shutterstock
Artelia a développé un outil de modélisation destiné à recomposer le réseau de voies urbaines du quartier Défense Arche Seine, de façon à anticiper finement tous les facteurs de congestions. Il s’agit de valider les aménagements futurs et des gérer les occupations des voiries par les chantiers ou livraisons.

Premier quartier d’affaires européen, Paris La Défense Arche Seine constitue l’un des principaux projets urbains de la métropole francilienne. Cette opération d’intérêt national (OIN), portée par l’EPADESA (Etablissement public d’aménagement de la Défense Seine Arche), prévoit la construction de 2,6 millions de m2 à l’horizon 2030. Inscrire l’Espace « La Défense Seine Arche » dans la transition énergétique et écologique fait partie des ambitions affichées avec des enjeux majeurs en termes de mobilité. Les projets urbains et immobiliers vont en effet impacter et modifier le réseau actuel des voieries et leurs trafics. Si aujourd’hui, 85 % des personnes qui se rendent à La Défense utilisent les transports collectifs, le territoire n’en est pas moins congestionné. « La tendance actuelle n’est pas à la création de nouvelles infrastructures routières, mais plutôt à un réaménagement des voies de surface pour un contexte urbain apaisé. C’est ce qui a déjà été fait sur le boulevard circulaire de La Défense qui est devenu un boulevard urbain » précise Laurent Vigneau, directeur de l’Innovation et expert urbanisme et territoires, mobilités et environnement d’Artelia Ville & Transport. Il faut donc traquer toutes les optimisations de capacité sur le réseau routier existant, avec la difficulté de la multiplication des chantiers, souvent concomitants, qui pèsent sur un trafic déjà saturé et qui occupent parfois une partie de la voirie. Disposer d’un outil suffisamment précis pour modéliser et scénariser les congestions futures dans ces conditions devient indispensable pour gérer les programmes et les chantiers de construction.

Concilier modélisation statique et modélisation dynamique.

Le modèle développé par les équipes d’Artelia à la demande de l’EPADESA se distingue par un maillage beaucoup plus fin que le modèle régional qui était utilisé jusque-là. « Nous avons défini 67 zones, là où le modèle régional en propose 10. Surtout, nous avons cherché à concilier les modélisations statique et dynamique pour obtenir des résultats plus précis sur un périmètre plus vaste et contextualisé. L’idée était de mieux comprendre ce qui provoque la congestion » explique Laurent Vigneau. Concrètement, chaque file de circulation et chaque mouvement aux carrefours ont été modélisés. Cela permet de voir par exemple ce qui se passe à un carrefour lorsque des automobilistes tournent à droite, à gauche ou s’arrêtent aux feux tricolores. Pour développer le modèle et mener les enquêtes, les équipes ont fait appel, outre les relevés classiques, à des données numériques qui ont été redressées pour mieux correspondre à la réalité. L’outil de modélisation est aujourd’hui opérationnel. Il est utilisé pour affiner les dessertes du territoire, caler les programmes futurs, évaluer leurs impacts sur les trafics et gérer les chantiers : « Aujourd’hui, dans le cadre de projets d’envergure comme celui du Grand Paris, on doit prendre davantage en compte l’incidence des grands chantiers qui vont aggraver la congestion. Le modèle de l’EPADESA est parfaitement adapté à ces nouveaux enjeux » analyse Laurent Vigneau.