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Saint-Denis de la Réunion aura son premier téléphérique urbain
 Artelia

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Le téléphérique reliera plusieurs quartiers sités à l’est de l’agglomération dionysienne, avec pour ambition de réduire les temps de parcours et de proposer aux habitants un moyen de transport collectif efficace et écologique. Moins de 6 mois après le démarrage des études préliminaire, le groupement titulaire d’un marché global de performance (conception-réalisation-exploitation-maintenance) vient d’être choisi par la Cinor, maître d’ouvrage.

Un réseau routier très embouteillé, un relief pentu avec des routes en lacet… circuler à Saint-Denis de la Réunion est devenu une épreuve pour les habitants, avec des temps de parcours de plus en plus longs. Ce premier projet de téléphérique urbain fait partie des réponses apportées et a su séduire les élus locaux à plusieurs titres. Ambitieux, il comprend 5 stations sur un linéaire de 2,7 km et s’inscrit dans un projet global de plusieurs lignes aériennes permettant de desservir les « hauts » de l’agglomération. Ecologique, il ne génère pas d’émissions de gaz à effet de serre et réduit donc la pollution et les risques sur la santé. Économique, son coût de réalisation est sensiblement plus faible que celui d’un autre mode en site propre au sol, surtout lorsque le territoire concerné est marqué par d’importantes coupures urbaines ou par des obstacles physiques liés au relief. Aérien, il évitera les embouteillages récurrents aux heures de pointe et affichera des temps de parcours inégalables.

Mieux desservir une zone à fort développement.

Présentés lors de la concertation publique qui s’est tenue fin 2016, ces atouts ont été particulièrement appréciés. « Il y a eu une forte mobilisation pour un projet globalement bien perçu ; ensuite, le choix entre les deux tracés proposés a fait l’objet d’une analyse portant sur plusieurs critères techniques, la faisabilité économique et le respect du calendrier fixé » rapporte Antoine Raynaud, en charge du dossier pour ARTELIA, mandataire d’un groupement associant DCSA et DS Avocats, à qui la CINOR a confié une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage sur toute la durée de l’opération. Cinq stations sont prévues, pour une ligne qui a vocation à se fondre dans le réseau de transport urbain et interurbain. Le téléphérique intègre ainsi des correspondances, à chaque station, avec les autres modes de transports collectifs. C’est d’autant plus important que le quartier de Bois-de-Nèfles, en plein développement, doit accueillir prochainement un nouveau lycée et de nouvelles zones d’activités. C’est Poma, l’entreprise grenobloise spécialiste du transport par câble, qui a été choisie pour mener le groupement qui va construire et exploiter ce nouveau téléphérique. Le bouclage prochain des dossiers réglementaires devrait permettre d’obtenir une Déclaration d’Utilité Publique fin 2018. Après une année de travaux, la mise en service est espérée fin 2019, soit seulement un peu plus de 3 ans après le démarrage des études préliminaires. 46 cabines de 10 de places assises permettront d’absorber une fréquentation attendue de quelque 6 000 à 7 000 voyageurs par jour. Un garage-atelier est prévu pour stocker les cabines en cas d’alerte cyclonique. Au-delà du chantier qui devrait mobiliser des entreprises locales, le fonctionnement du nouveau téléphérique nécessitera 20 à 30 personnes en charge de l’accueil, de l’exploitation et de la maintenance. Un programme de formation est à l’étude pour permettre aux jeunes du territoire d’accéder à ces nouveaux emplois.