Désenclaver les quartiers
pauvres de Medellin

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Mis en service depuis 2004, le métrocable a prouvé son efficacité dans la métropole colombienne.
Deux autres lignes ont été mises en service ces derniers mois, complétées par une nouvelle ligne de tramway.

Depuis fin 2016, le Métrocable de Medellin s’est étoffé de deux nouvelles lignes. La deuxième ville de Colombie s’est radicalement transformée ces dix dernières années, elle le doit en partie au Métrocable, ce réseau de transport par câble urbain, interconnecté aux autres modes de transports, bus et tramway. Utilisant un système comparable à celui des télécabines de station de ski, la première ligne a été mise en service en 2004 en faisant appel à la technologie d’une société grenobloise, Poma. Depuis, ce sont quelque 70 000 personnes qui se déplacent chaque jour en télécabine au-dessus du fleuve, des rues et des embouteillages pour rejoindre les pôles d’activité, plus au sud. Moyen de transport au service de l’inclusion urbaine, le Métrocable a permis de désenclaver des quartiers défavorisés très peuplés, sans accès aux services publics. Avec une population de 2,3 millions d’habitants, la métropole, située à plus de 1 400 mètres d’altitude, est confrontée à de multiples enjeux, dont les besoins en logements et la lutte contre le chômage. Lancé par la municipalité en 2003, le projet s’inscrivait dans une démarche d’intégration et d’urbanisme social qui aujourd’hui a fait ses preuves.

Tramway, topographie de l’extrême et prouesses techniques/

Une nouvelle étape, initiée en 2012 avec le projet des Corredores Verdes (corridors verts) et soutenue financièrement par l’Agence Française de Développement (AFD), s’est concrétisée par la construction de deux nouvelles lignes de Métrocable et une ligne de tramway sur pneu de 4,2 km. Cette ligne, qui comprend 9 stations, s’est parfaitement intégrée dans son environnement social et urbain. L’assistance à maîtrise d’ouvrage technique et la supervision des travaux ont été confiées à la société d’ingénierie Ingérop. Le chantier du tramway, avec une topographie du tracé particulièrement complexe liée à des pentes pouvant atteindre 13 %, a exigé de véritables prouesses techniques et une vigilance particulière pour ce qui est de la supervision des travaux. Pas moins de 768 pieux de 2 mètres de diamètre ont été enfouis à 30 mètres de profondeur et ancrés à la montagne, à l’aide de 11 km de câble. Pour réaliser cette infrastructure de 2 km de long, c’est une technique locale, mise au point par des mineurs colombiens, qui a été utilisée. Des groupes d’hommes ont posé les 768 pieux en creusant manuellement et par cerclages successifs pour atteindre la profondeur des 30 mètres. Ce tramway est opérationnel depuis 2016. Il est complété par les deux lignes de Métrocable. L’une, longue de 1 405 mètres pour une dénivelée de 197 mètres et trois stations, comporte 42 cabines pouvant transporter 1 800 personnes par heure. L’autre, longue de 1 006 m pour une dénivelée de 276 mètres et trois stations également, peut transporter jusqu’à 2 600 personnes par heure avec 49 cabines. Avec une faible emprise au sol, le transport par câble présente l’avantage de s’affranchir des obstacles au sol en exploitant la dimension aérienne d’un site.